Bølge Fjell

Série de photographies argentiques noir et blanc réalisées
à la chambre photographique en technique tilt-shift.

Plan film 4x5 pouces Foma 100 ISO.

« - Chi vuol guardare bene la terra, deve tenersi alla distanza necessaria.


- Atteggiamento ragionevole di un fenomeno vivente, creato non dalla Natura ma dalla Ragione. »


« - Si l’on veut bien regarder la terre, il faut se tenir à la bonne distance.


- Jadis, c’était seulement la Nature qui créait des phénomènes vivants ; maintenant, c’est la Raison. »


Il barone rampante / Le baron perché
Italo Calvino (traduction de Martin Rueff).

« Bølge fjell » en norvégien ou « vague montagne » est l’histoire d’une réalité contrariée par sa représentation.


Elle débute devant les montagnes et les grands espaces sauvages de la magnifique Norvège, lors d’un voyage expédition de plusieurs semaines.

Le photographe, accompagné de sa chambre photographique 4x5 pouces et de sa réserve de plan film argentique noir et blanc, se pose alors la question : « Qu’est-ce que je retiendrai de ce paysage ? »


Il se projette à extraire l’essentiel subjectif de ce paysage scruté avec précision. La mise au point est alors faite sur cet essentiel subjectif, le reste est flou par bascule. La chambre photographique permet, par sa malléabilité, de réaliser des photographies « tilt-shift ». Le paysage se dilate à ses frontières floues et le plan de netteté devient une ligne fine imposée.


Après le déclenchement de l’obturateur : « Est-ce vraiment ce que j’ai retenu ? Ce dont je me souviens le plus précisément ? Est-ce que d’autres auraient vu autre chose ? »

Un spectateur se faufile.


Montrer cette réalité capturée, qui devient une vérité sincère pour le photographe, peut alors paraître trahie du point de vue de cet intrus. Pourtant elle n’est pas figée, c’est une simple représentation.

 

En médecine, les « simples » sont des plantes aromatiques qui sont utilisées seules, telle quelles sont, pour leur vertus.


Le simple photographique est cet essentiel de l’image cueilli tel qu’il est, il se suffit à lui même parce qu’il est beau, c’est sa vertu. S’il est unique et vrai pour le photographe, il reste malléable pour le spectateur. Le simple ne fige pas la force de représentation d’une réalité, il se métamorphose avec celui qui regarde réellement.